Si j'étais le spin doctor de ... François Hollande
28 mars, 2008 - 17:00 — via Ma vie en Narcisse
Quatrième sujet de "Si j'étais le spin doctor de ...
", Après Jean-François Copé
, Martine Aubry
et François Bayrou
, je vais m'occuper du cas de François Hollande. S'il est bien un politicien qui aurait besoin de recevoir les conseils d'un spin doctor, c'est François Hollande ... Alors que François Hollande annonce dans Paris Match qu'il n'exclut pas d'être candidat à la prochaine élection présidentielle en 2012, il s'avère nécessaire de le conseiller en se focalisant sur deux axes : l'image et le positionnement.

L'image. La photographie ci-contre représente bien François Hollande. Un homme pas très beau réputé pour son humour. "La politique, c'est le showbiz des gens au physique ingrat", disait Bill Clinton. Cette maxime se confirme avec le cas Hollande. Un goitre n'ayant rien à envier à celui de Balladur. Une calvitie en total désaccord avec un visage de poupon. Que faire alors ? Continuer à se cacher derrière son humour ? Mauvaise idée, pourquoi utiliser l'arme de l'humour comme un secours, alors qu'il pourrait être un supplétif ?
Première mission : casser la rondeur du visage. Une suggestion : changer de lunettes. Remplacer les rondes par des rectangulaires, avec une monture noire prononcée. Look jeune cassant le visage en deux.
Seconde mission : casser la rondeur du corps. Une suggestion : porter des costumes noirs avec de fines rayures verticales claires. Chemises noires. Eviter au maximum les cravates, rebondissant sur l'abdomen, ou bien en acheter des claires, discrètes et sans rayure. Autre suggestion : faire un régime.
Troisième mission : régler le problème de cheveux. Surtout ne pas copier un Fabius ou un Bouteflika, tous deux rabattant sur le dessus du crâne une très longue et large mèche venue d'un côté de la tête. Assumer la calvitie. Aller régulièrement chez le coiffeur, et garder une coupe courte.
Quatrième mission : casser l'image du grand-frère ou oncle rigolo. Prendre celle du père sérieux. Assumant les responsabilités qu'il souhaite porter. Se donner une image rigoureuse et intello. Suggérons lui d'écrire (ou de faire écrire) un livre crypto-chiant.
Nous en arrivons au positionnement politique. Principal boulet de François Hollande : son ex-compagne, Ségolène Royal. A son habitude, François Hollande compte utiliser les appareils politiques pour sa carrière. Mais arrivera-t-il pour 2012 là où il a échoué en 2007 ? Il misait tout sur l'appareil Parti Socialiste pour 2007. Il va persévérer dans son choix, avec en outre sa force d'élu local. Président du Conseil Général de la Corrèze, François Hollande vise désormais le poste de président de l'Assemblée des Départements de France. Un outil très utile, lui permettant de continuer à tisser ses réseaux locaux, et d'asseoir ses positions auprès des responsables départementaux socialistes. François Hollande s'avère être un redoutable stratège, probablement l'un des meilleurs, maîtrisant parfaitement les rouages des arcanes du pouvoir. Mais trop de stratégie tue la carrière. Etre continuellement dans les coups fourrés, le jeu d'échec nuit à un objectif pourtant primordial : la popularité.
François Hollande bénéficie d'un avantage majeur : il est connu. Mais pas aimé. Un véritable apparatchik. Devenir populaire, et être aimé. Désiré par les socialistes dans un premier temps. Aimé des français dans un second. Je conseillerais à Hollande le silence. Se taire jusqu'à la veille du congrès du Parti Socialiste de Novembre. N'étant pas candidat à sa succession, Hollande pourrait se contenter du rôle de gentil organisateur. En ne prenant position ni pour untel ni pour unetelle. Laisser les cadres socialistes se déchirer entre eux. Les royalistes, les delanoistes, les ex-jospiniens, les strausskahniens, les camba, les mosko, les hamonistes, les drayistes, les montebourgeois, les mélanchonistes, les emmanuellistes, les fabiusiens, les aubryistes, tous vont entrer dans des luttes internes : une véritable guerre de tranchée, le sang va couler, des alliances se nouer puis se rompre, pour arriver à un bordel monstrueux au congrès, tous couteaux sortis. François Hollande devrait laisser tous ceux-là s'entre-déchirer. Avec une forte probabilité : arriver au soir du congrès sans véritable leader évident pour prendre la direction du PS. Hollande sera alors le faiseur de roi. Il offrira sa succession à qui il le voudra, sous couvert de besoin de rassemblement. Et il peut même être envisager que le successeur de François Hollande ne soit autre que Hollande François (bien qu'il affirme le contraire). François Hollande : le moindre mal pour tous les socialistes.
Se faire aimer des français. Pour cela, nul mystère : faire du terrain, du terrain et encore du terrain. Ne pas rester enfermer dans la tour d'ivoire de Solférino. Sortir continuellement, aller au devant des françaises et des français. Effectuer de temps à autre un voyage à l'étranger. Faire copain-copain devant les caméras avec les dirigeants socialistes européens. Aller tâter devant les caméras du ruminant au Salon de l'Agriculture. Aller serrer des mains devant les caméras dans des usines, sur les marchés, aux enterrements, aux manifestations. Occuper l'espace médiatique.
Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Hollande, que lui conseilleriez-vous ?
(Photo : Benjamin Lemaire
)