Si j'étais le spin doctor de ... Pierre Moscovici
8 avril, 2008 - 14:00 — via Ma vie en Narcisse
Sixième sujet de "Si j'étais le spin doctor de ...
", Après Rachida Dati
, François Hollande
, Jean-François Copé
, Martine Aubry
et François Bayrou
, voici venu le tour de Pierre Moscovici. Un cerveau brillant dans un habit de séducteur. Je pense que son cas s'avère être le plus difficile depuis le début de cette chronique.

Première difficulté du cas Moscovici : il a terriblement changé. En quelques mois, il a rajeunit de plusieurs années. Fini le look énarque crâne d'œuf. Bienvenue au look quinquagénaire branché rive-gauche. A se demander si un spin doctor n'a pas déjà croisé sa route. Du moins un conseiller en image, très probable. Après le départ de son mentor Dominique Strauss-Kahn au FMI, la métamorphose a fait beaucoup jaser, voyant apparaître un Pierre Moscovici bronzé, avec une barbe de cinq jours, le cheveux rasé, les dents parfaitement blanches. Costumes parfaitement taillés, habits savamment choisis selon les occasions.
Attention : récemment Pierre Moscovici apparaît de plus en plus bronzé (il rétorquerait qu'il rentre du ski, sport qu'il affectionne particulièrement), cependant il doit prendre garde à ne pas voir sa peau ressembler d'ici à quelques années à celle d'un Séguéla. Attention : à force de look djeun et d'un langage adapté (avec talent certes), ce choix peut s'avérer efficace dans des émissions de divertissement à la télévision, mais pourrait braquer certains des militants socialistes plus traditionnels.
Le mystère Moscovici ressemble à une coquille d'escargot. Un homme paradoxal se cachant derrière de multiples facettes, à l'image de son caractère. Un homme politique dont la vie privée reste privée. Un véritable séducteur, à l'image de son "grand-frère" Strauss-Kahn. Un gros fêtard, dont certaines boîtes de nuit branchées de la capitale se souviennent encore. Un amoureux de la vie, un parfait hédoniste. Un grand sensible fonctionnant à l'affectif. Mais également un homme qui doute, un homme avec un fort caractère qui déteste que l'on marche sur ses plate-bandes.
Dans une autre vie, il est fort à parier que Pierre Moscovici aurait été comédien. Il sait être. Il sait donner l'image que l'on attend de lui. Il sait s'adapter aux situations. Un excellent orateur, un brillant pédagogue. Mais il manque quelque chose à Pierre Moscovici pour passer au statut de leader : l'humanité. Un plan de communication rapide pour l'humaniser : ses passions et une saine colère. Donner quelques interviews personnelles (sans entrer dans son intimité) : pourquoi pas à un magazine culturel par exemple, Moscovici l'amoureux du rock (il affectionne les Doors, les Stones et Stevie Wonder), Moscovici le cinéphile (il parlerait de Fritz Lang, Ingmar Bergman ou Luchino Visconti), Moscovici le rêveur (grand voyageur, gourmet et sportif).
Pierre Moscovici se range dans la catégorie des smooth terminator. Une voix calme douce et posée, le sourire gendre idéal toujours en façade, une élocution dans une langue française parfaitement rigoureuse. Un intellectuel sûr de lui, une maîtrise parfaite des dossiers, un multi-bagagiste à la fois économiste et philosophe. Parfois cependant la saine colère serait bienvenue : Pierre Moscovici le socialiste appartient à l'opposition, un accrochage frontal, vif et viril dans une émission politique de grande écoute lui ferait gagner la sympathie de nombreux sympathisants de gauche le jugeant trop soc-dem.
La principale faiblesse de Pierre Moscovici : ses réseaux au sein du Parti Socialiste. Et il en a totalement conscience. Certes une majeure partie des amis de Dominique Strauss-Kahn arrivent dans son giron depuis le départ du mentor outre-atlantique. Mais les socialistes en veulent à Pierre Moscovici, ils ne peuvent imaginer que celui-ci n'était pas au courant bien avant de son départ. Et Pierre Moscovici le sait mieux que personne d'autre : DSK souhaite briguer les présidentielles françaises de 2012, et Moscovici se positionne comme le gardien de la chapelle strauss-kahnienne. Par ailleurs, les réseaux socialistes de Moscovici s'avèrent être relativement maigres, principalement parisiens et pas très diversifiés. Alors Mosco cherche des alliances au sein du PS : premier approché, Arnaud Montebourg, le pacte impensable, le rassemblement des minoritaires. Difficilement explicables aux socialistes sur l'idéologie commune. Une impression trop politicienne de pacte du diable d'affrontement à Royal et Delanoë. Mais alors vers qui se tourner ? Un Manuel Valls ? Trop égocentrique, le clash assuré. Une Martine Aubry ? A envisager. Et pourquoi pas un Benoît Hamon ? Les jeunes socialistes vont hurler mais les réseaux jeunes ne sont pas négligeables et très obéissants.
Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Hollande, que lui conseilleriez-vous ?