Le député des Pyrénées-Atlantiques s'est une nouvelle fois démarqué de Nicolas Sarkozy sur le plan des valeurs, fustigeant une société d'"inégalités croissantes" et l'apologie de la "réussite matérielle", sous les acclamations des participants au congrés fondateur de son nouveau Mouvement Démocrate avant de lancer
La "frontière" n’est "plus entre la droite et la gauche", a affirmé François Bayrou à Villepinte "C’est entre une attitude d’alignement sur ceux qui dominent le monde, et de résistance en face de ceux qui dominent le monde, que se situe désormais la nouvelle frontière". "Il y a une société à construire qui est une société de justice, de développement humain, qui est une société de valeurs, qui ne récuse rien de l’efficacité économique", a-t-il dit. "Entre le pouvoir actuel - dont beaucoup commencent à mesurer que les promesses qu'il avait faites sont très éloignées de la réalité - et un PS qui représente un puissant réseau d'élus mais qui n'a plus de message compréhensible pour les Français, il y a beaucoup d'interrogations, de lassitude et peut-être de désespérance", a-t-il ajouté. "Le chemin que nous avons choisi, c'est d'offrir au pays non pas un "ni gauche ni droite", car je n'aime pas le "ni ni", mais un dépassement de la gauche et de la droite dans un nouveau projet politique", a-t-il poursuivi. Il a caractérisé ce projet par les "trois R : rassemblement, renouvellement, refondation démocratique".
"Les conditions sont réunies, si nous sommes à la hauteur, pour que des millions de Français rejoignent le combat que nous menons", a déclaré M. Bayrou devant plusieurs milliers de participants, tout en reconnaissant "la difficulté du chemin" qu’il a choisi. "Je n’ai aucun doute que les Français qui rencontreront la désillusion, les Français qui espèrent autre chose, pourront se retrouver dans la maison commune que nous avons décidé de bâtir", a-t-il poursuivi. "Mais il faut que nous soyons ouverts". "Dans les rangs des gaullistes en France (...), il n’est pas possible qu’il n’y en ait pas qui viennent", a-t-il affirmé. Car "le gaullisme était un projet de résistance, et on propose sans le dire aux Français un projet d’alignement", a-t-il ajouté, visant Nicolas Sarkozy. "Dans les rangs du Parti socialiste, il y a aussi beaucoup de femmes et d’hommes qui constatent que l’enfermement, la fascination du Parti socialiste pour la gauche radicale, que tout cela est une manière de rendre inaudible le message que ce grand parti avait porté pendant des années et des années", a-t-il ajouté. "Je suis persuadé que nous devons avoir une attitude ouverte à l’égard de tous ceux-là qui, d’un bord ou d’un autre, vont un jour poser la question de l’alternative à construire au projet de société qu’on essaie de mettre en place en France", a-t-il dit. "Ce combat dépend de vous, de votre ouverture d’esprit", a lancé le leader centriste aux congressistes.
Nouvelle donne. (source AFP)