D comme Dubaï

1333854690.jpgNi capitale des Emirats, ni le plus peuplé de ces Etats, ni même le plus grand, Dubaï est très certainement le plus connu de ces territoires, celui qui s’affirme le plus, qui s’affiche sans complexe, qui fascine et qui se veut l’eldorado de demain.

Avec son commerce du luxe, son architecture ambitieuse, ses aménagements parfois délirants et son innovation, Dubaï est une vitrine qui cache aussi ses 700 000 immigrés qui dépassent en nombre les Dubaïotes. L’Emirat en faisant prendre un virage brutal mais contrôlé à son économie jadis tournée vers le seul pétrole est un cas d’école original de reconversion. Dubaï dont on dit qu’elle concentrerait une vingtaine de pourcents des grues de la planète est une immense machine à attirer les capitaux du monde entier, à les transformer en business et en communication internationalisée. Dubaï c’est aussi le revers de la médaille avec son exploitation forcenée d’une main d’œuvre indienne, pakistanaise mais aussi asiatique. C’est l’absence de droit du travail. On dit qu’un ouvrier se suiciderait tous les quatre jours à Dubaï. Comme Las Vegas ou même Palm Beach et hier Atlantic City, Dubaï devient un objet d’étude et un terrain nourrissant la réflexion. Mike Davis, l’auteur du fameux « City of Quartz » consacré à Los Angeles (La Découverte, 1997) confiait l’an passé à la « New Left Review » un article aujourd’hui traduit en France par l’éditeur « Les Prairies Ordinaires » sous le titre drôle et évocateur de « Le stade Dubaï du capitalisme » suivi d’une contribution signée François Cusset et intitulée « Questions pour un retour de Dubaï ».

Ce texte de Davis qui devrait donner matière d’ici quelques temps à une version développée mérite d’être lu pour mieux connaître ce paradis si cher à David Beckham et Rod Stewart

Lyon, 22 Juillet 2008.…