VGE: le Royaume-Uni devrait bénéficier d'un "statut spécial" dans l'UE

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Dépêche AFP du 08.09.08 à 19h34

Un "statut spécial" devrait être accordé au sein de l'Union européenne (UE) au Royaume-Uni pour favoriser l'intégration européenne et mettre fin à l'"antagonisme qui plombe nos rapports", a estimé lundi à Londres l'ex-président français Valéry Giscard d'Estaing.

"L'intégration européenne peut être poursuivie, et rester compatible avec la participation de la Grande-Bretagne, sous réserve que celle-ci puisse être dispensée de participer aux avancées qu'elle juge incompatible avec ses prérogatives nationales", a déclaré lors d'une conférence l'ancien président de la Convention qui avait rédigé le projet de Constitution européenne rejeté en 2005 en France et aux Pays-Bas.

"La reconnaissance de toutes ces exceptions reviendrait à conférer à la Grande-Bretagne un 'statut spécial' dont les modalités de fonctionnement devraient être minutieusement mises au point", a-t-il plaidé.

"Soyons clairs: il ne s'agit pas d'une Europe à deux vitesses séparant arbitrairement les bons et les mauvais, les forts et les faibles", a poursuivi M. Giscard d'Estaing. "Il s'agit au contraire pour l'Europe déjà unie de poursuivre son intégration, à un rythme réaliste, dans le respect des identités et des compétences des Etats membres".

"Cette démarche (...) serait ouverte à tous mais pourrait comporter à l'image de l'Union monétaire, des 'clauses de dérogation'", a estimé le responsable français. "Dans le cas de la Grande-Bretagne, en raison de sa situation insulaire, et de son importance financière, ces dérogations pourraient prendre la forme d'un 'statut spécial'".

"C'est pourquoi je me permets de suggérer qu'il soit mis fin à l'antagonisme qui plombe nos rapports, et réduit nos capacités d'agir, en décidant de poursuivre le grand mouvement d'Union de l'Europe, au sein de laquelle on s'accorderait à reconnaître un statut spécial à la Grande-Bretagne", a conclu M. Giscard d'Estaing.

L'ancien président a regretté au passage "l'antagonisme permanent" de la Grande-Bretagne envers l'Europe. Alors que "les uns cherchent à faire progresser l'intégration par de nouvelles initiatives, les autres s'efforcent de la freiner en compliquant les négociations, en flattant les nationalismes, ou en ouvrant d'habiles manoeuvres en direction de nouveaux élargissements, toutes choses dans lesquelles la diplomatie britannique dispose d'un savoir-faire incomparable", selon lui.

La conférence sur l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'UE était organisée par l'organisation eurosceptique Global Vision ainsi que le quotidien de droite The Daily Telegraph.